jeudi 31 mars 2011

RIVERSIDE "Second Life Syndrome"

Qu’il était attendu ce deuxième album de Riverside et ce, pour plusieurs raisons. La première, c’est qu’après leur premier album Out Of Myself, Riverside faisait figure de vent de fraîcheur dans le monde du rock progressif. La seconde nous amène à la réflexion suivante: était-ce là une réussite unique ou bien Riverside est vraiment l’une des étoiles montantes de notre scène préférée ?

A priori, à la première écoute, on se dit que les Polonais frappent fort avec ce nouvel album. « After » qui ouvre le disque nous place dans le contexte avec des qui thèmes et des ambiances trip hop pouvant faire penser à Massive Attack. Le révolté « Volte Face » est au contraire plus rentre-dedans, et également plus symphonique avec des claviers très présents et synthétise avec une certaine réussite le mélange entre des musiques à la fois groovy, violentes et atmosphériques ; le meilleur des mondes un peu comme arrive à le faire, dans un style pas si éloigné, Anathema, à la différence près que les Anglais sont moins adeptes des chansons à tiroirs.

Second Life Syndrome est un disque réussi, mais un regret persiste cependant. En effet, il est à déplorer que Riverside n’ait pas pris plus de risques avec ce nouvel essai qui est certes transformé mais tellement similaire à Out Of Myself. Donc, dans l’approche, on reste sur sa faim et c’est un paradoxe car cela reste somme toute original. Il n’y a rien à faire, il manque ce petit quelque chose qui fait la différence. Mais lorsqu’on ferme les yeux, on est transporté par la voix de Mariusz Duda à mi-chemin entre la voix de Mikael Åkerfeldt et celle de Vincent Cavanagh. Si l’on peut regretter le peu de risques pris, à l’écoute de SLS, on est fixé : ces quatre garçons sont de sacrés compositeurs. Peu de groupes ont cette faculté de vous faire enchaîner un titre tout calme de trois minutes comme « Conceiving You » qui arrachera une petite larme, à un pavé nommé « Second Life Syndrome » dont on ne perd pas une miette ! Fort, très fort.

Riverside s’écoute ou se découvre les yeux fermés avec une bonne vodka polonaise (à consommer avec modération) et des images plein la tête. De plus, l’album n’agresse pas grâce à une production tout ce qu’il y a de plus soignée et juste. Il convient de saluer cet album qui figure à coup sûr parmi les réussites de cette année. Autre tour de force réussi par le groupe d’Europe de l’Est, c’est qu’après avoir écouté Second Life Syndrome vous aurez, d’une part, du mal à enlever le disque de votre platine et, d’autre part, vous courrez certainement vous procurer Out Of Myself. Chapeau bas !

Chronique : Progressia 

lundi 28 mars 2011

AYREON "The Human Equation"


Né le 3 avril 1960 à Hilversum, aux Pays-Bas, Arjen Anthony Lucassen écoute avec ferveur The Beatles dès son plus jeune âge. Multi instrumentiste, très influencé par des figures iconiques du rock comme David Bowie et Deep Purple, il joue dans de nombreux groupes locaux. A vingt ans, il décide de se lancer seul dans un projet titnesque qui lui tient à cœur : un opéra rock à la hauteur de The Wall des Pink Floyd ou de Tommy des Who. Le label indépendant Transmission Records accepte de le suivre dans cette aventure.



Apparition d’Ayreon


Le mystérieux Ayreon entre donc en scène en 1995, avec The Final Experiment. Composé d’un prologue et de quatre actes, le disque raconte l’histoire d’un ménestrel aveugle du XIe siècle, dont le nom est Ayreon. Cet opéra de métal démesuré, fort de ses guitares imposantes, introduit en puissance le style d’Arjen Lucassen, seul aux commandes. Étant doué d’une imagination débridée et d’une inspiration prolixe, il ne compte pas s’arrêter là. L’année suivante, Actual Fantasy se démarque par un peu plus de légèreté, et permet au groupe de se faire connaître d’un public plus large. A partir de cette date, Lucassen ne cesse d’enregistrer des nouveaux disques, et parfois sous d’autre noms qu’Ayreon : Ambeon, Star One, Stream of Passion…

Fantastique metal

En 1998, Ayreon fait l’unanimité avec un nouvel opéra métal, Into the Electric Castle - A Space Opera. Ce  double album, inscrit dans la même veine noisy mais extrêmement mélodique, présente des personnages incarnés par huit chanteurs différents, et avec une certaine cohérence narrative. Cette dernière étant toujours sous l’emprise du genre de la fantasy, cher à Arjen Lucassen.

En 2000, Ayreon revient avec un nouveau concept : Universal Migrator, œuvre à la thématique apocalyptique composé de The Dream Sequencer, aux tonalités ambient, et Flight of the Migrator,qui offre un métal progressif des plus efficaces. Arjen Lucassen se permet également d’inviter, entre autres invités prestigieux de la scène metal, Bruce Dickinson de Iron Maiden ou Erik Norlander des Rocket Scientists.

Suivent une compilation rétrospective, Ayreonauts Only (2001), et un disque enregistré sous le nom d’Ambeon, Fate of a Dreamer (2001), où une très jeune chanteuse, Astrid van der Veen reprend des titres d’Ayreon en version plus… sereine. Ayreon revient ensuite avec The Human Equation (2004), tentant de plonger dans les sentiments d’un homme plongé dans le coma après un grave accident de voiture.

Paradis perdu

En 2004, Ayreon quitte Transmission Records pour le label allemand Inside Out Music. Rassuré sur la nouvelle prise en charge promotionnelle de ses disques, il mène quelques projets parallèles tout en réfléchissant à un nouvel album conceptuel.

Paralysé pendant deux ans par une dépression nerveuse, Lucassen livre, en 2008, 01011001, un double disque qui fait l’unanimité. Fidèle à ses habitudes, l’album fourmille d’invités comme Daniel Gildenlow de Pain of Salvation ou Michael Romeo de Symphony X. Reprenant la plupart des thèmes développés jusqu’à présent dans les disques d’Ayreon, 01011001 traite des notions de paradis perdu et de fin de l’univers, toujours sous le prisme science-fictionnel.

Chronique: MusicStory

vendredi 25 mars 2011

samedi 20 mars 2010

jeudi 11 mars 2010

PAIN OF SALVATION - The Perfect Element part.1

Pain Of Salvation est un de ces groupes incontournables qui délivrent à coup sûr un chef d’œuvre, poignant de sensibilité et de richesse. À chaque fois, il s’agit d’un véritable défi pour le fan pour arriver à apprivoiser cet album, complexe musicalement et demandant un grand investissement émotionnel et de l’empathie. En effet, celui qui veut apprécier à sa juste valeur l’œuvre de Daniel Gildenlow doit se plonger dans son univers, aussi bien textuel que musical. The Perfect Element est le troisième album du groupe et est regardé comme une pierre angulaire du Prog Metal, ainsi qu’un tournant important dans la carrière du groupe, car à partir de celui-ci, l’engouement pour ce groupe atteint des sommets.

Il s’agit du premier volet d’un concept album traitant des problèmes liés à l’enfance et l’adolescence qui est la période où l’individu se forge, avec ses cicatrices et ses rêves. Il explore les émotions qu’il peut ressentir, tristesse immense, amour, la mort d’un proche… Il s’agit d’une période charnière, entre l’enfance et l’âge adulte.

Vous saisissez ici la quintessence de The Perfect Element qui exprime cette palette d’émotions à merveille. La mélancolie, une colère pleine de rage, beaucoup de tristesse et le rêve enfantin qui meurt à petit feu ; c’est ce qui vous attend sur The Perfect Element. Vous vous doutez que votre serviteur doit être en train de pleurer les dernières larmes de son corps. Vous avez raison, mais c’est tellement bon, je n’y résiste pas une fois de temps en temps. Et puis une fois revenus les pieds sur Terre, vous relativiserez sans doute votre existence en vous disant que la vôtre n’est pas si mauvaise en fin de compte.

Daniel Gildenlow
appose de manière géniale sa voix sur chacune des compositions, interprétant de véritables rôles. On passe d’un chant mélodieux et aigu comme sur Her Voices à des chants graves, la gorge pleine de sanglots avec Ashes, des paroles nerveuses ou narrées pleines de verve avec Ashes et on atteindra même de véritables cris de douleur avec Idioglossia.
Les paroles seront, bien entendu, émouvantes à souhait, parfaitement écrites, et non dénuées de poésie. Les refrains sont imparables, et évoluent constamment, gardant la même mélodie, mais changeant les paroles, afin de faire passer, de manière idéale, le message.
Notre habile maitre d’œuvre se trouve aussi être un formidable multi instrumentiste, ce qui lui permet de donner corps et âme à son inspiration.

La musique est tout simplement déconcertante d’originalité. Je n’aurais pas pu soupçonner que l’on puisse composer certaines mélodies tant elles peuvent paraître décousues ou étranges de prime abord. Mais, comme par magie, tout s’accorde à merveille. L’énergie délivrée par les instruments est égale à celle de la voix de Gildenlow, parfois contenue, parfois en pleine explosion, laissant jaillir toute la tristesse, la colère renfermée jusqu’alors.

Mais malgré toute la complexité que peut contenir cet album, l’auditeur pourra se raccrocher à certains riffs ou mélodies. L’efficace Used ralliera les partisans des compositions puissantes et ravageuses. et Morning EarthReconciliation se répondront d’une manière brillante par la reprise d’une même mélodie au début de chacune d’elle. On aura donc des liens d’une piste à l’autre durant tout l’album, notamment entre les merveilleuses Ashes et Idioglossia qui sont peut-être les plus émouvantes de l’album, même si cette palme-là reste difficile à décerner, et dépend davantage des sensibilités de l’auditeur. Song For The Innocent fera un nouveau rappel de la fin géniale d’Idioglossia, mélodieuse à souhait avec son superbe violon.

Falling
prouvera à chacun qu’un solo de guitare ne se résume pas à un exploit technique, mais peut aussi être un moment de pure sensibilité. Après ce très bel interlude se trouve le titre éponyme qui clôturera ces soixante-douze minutes d’émotions, et ce, d’une manière magnifique, laissant une place de choix à un piano. Ce sont dix minutes qui s’écoulent comme si de rien n’était.

Pain Of Salvation s’élève ici en véritable tête de pont du Prog Métal, mais d’une manière totalement différente que Dream Theater qui s’illustre davantage pour ses folies instrumentales, que par une œuvre littéraire et sensible (même si Scenes From a Memory pourrait me faire mentir). À sa façon, PoS, laisse une empreinte indélébile dans l’histoire du Prog Métal en nous délivrant à chaque nouveau concept-album, une œuvre indispensable pour ceux qui parviennent à en saisir les subtilités et à s’immerger dans cet univers. Cet album, aussi long et consistant soit-il, passera comme une lettre à la poste, et le plaisir restera intact des années durant. Chaque écoute est une nouvelle découverte, une nouvelle prise de conscience de la beauté de cet album.

Chronique : Dreamer 

lundi 8 mars 2010

vendredi 8 janvier 2010

lundi 28 décembre 2009

vendredi 27 novembre 2009

Dernier album de RIVERSIDE


Après un triptyque en studio de haut vol et un album live comme cerise sur le gâteau, les Polonais de Riverside étaient observés avec la plus grande attention. Enfin libérés d’un concept malgré tout nébuleux dont ils ont fait le tour, les portes étaient grandes ouvertes sur une nouvelle liberté et on peut raisonnablement écrire que le groupe en a profité. Sans doute influencés par la proximité de Dream Theater qu’ils côtoyèrent lors d’une tournée conjointe et par la nécessité de répondre à la demande d’un public friand de heavy métal, Riverside a durci le ton sans pour autant tomber dans la surenchère, les clichés ou la démonstration gratuite. Car sur le fond, la ligne esthétique est restée globalement la même : mélange harmonieux de rock métallique infusé à la dopamine, d’envols atmosphériques et de subtilités progressives (la section cuivrée jazzy totalement inattendue sur Egoist Hedonist en est un bel exemple), c’est bien du Riverside qu’on entend ici, incomparable dans la voie riche et personnelle qu’il s’est forgée au croisement de plusieurs genres et dans laquelle les spécialistes reconnaîtront, parmi les innombrables influences, un zeste de Dream Theater, un autre de Porcupine Tree, une basse vrombissante digne de Tool une guitare aérienne à la David Gilmour et, pourquoi pas, un orgue seventies au son Hammond trafiqué au « Leslie » dans la plus pure tradition d’un Jon Lord / Deep Purple. Le concept central traite cette fois du stress lié à un mode d’existence contemporain dans lequel tension, pression et hyperactivité font bon ménage. Plus agressive, la musique est donc parfaitement en phase avec le message porté par les textes. Ce quatrième album en studio qui dure exactement 44 minutes et 44 secondes (faut-il y voir un obscure symbole ?) se veut ainsi une image en haute définition des tracasseries imposées par la vie moderne. S’expliquant probablement par un changement de studio et d’ingénieur, le son a également acquis une autre dimension, toujours aussi chaleureux, mais plus profond, plus dense et porteur d’une gravité nouvelle qui va comme un gant à une vision somme toute assez sombre de la condition humaine au temps de l’électronique. Une fois encore confiée au talentueux Travis Smith, la pochette a, elle aussi, changé de style : plus énigmatique, elle se rapproche indéniablement de l’univers graphique ambigu d’un Steve Wilson tout en illustrant à la perfection le sujet traité. Ce shift dans l’approche musicale et stylistique de Riverside marque un nouveau départ : celui qui conduit à une carrière internationale de très haut niveau. Rutilant, pêchu, concis et varié, Anno Domini High Definition a la classe des plus grands disques d’hier et de demain et, à lui seul, il vient de déplacer le centre de gravité du rock progressif novateur un peu plus à l’Est.
Chronique "DragonJazz"

mercredi 25 novembre 2009

lundi 2 novembre 2009